Le Magazine des passionnés de Voitures et de Motos
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Restauration de 4 motos Suzuki GT

J’ai fait la connaissance de Jérôme par l’intermédiaire du forum que j’administre. Il nous a montré ses talents de restaurateur et je me suis dit qu’il serait bon de les montrer à un plus grand nombre. Jérôme nous raconte en quelques lignes la restauration de ses 4 Suzuki GT.
Voici son histoire :

Restauration d’une moto Suzuki GT125

Tout à commencé en 2007 quand j’ai eu envie, nostalgie de mon adolescence, de racheter une Suzuki GT125, ma première moto à 16 ans. Une annonce à côté de Chartres, donc pas très loin je négocie un peu et à 400€ : je reviens avec la GT.

Grande première pour moi, je vais restaurer entièrement une moto.

suzuki 125 GT

 Cadre SUZUKI 125 GT

Que du nouveau, peinture époxy, microbillage, presse hydraulique. Heureusement avec internet, la recherche de pièces est facilitée. Mais je débute, je commets des erreurs, j’achète des pièces avec des frais de port trop élevés. C’est le métier qui rentre (ça, tu ne le sais qu’après).

Je roule un peu avec, mais franchement ce n’est pas le pied. Quand tu passes de la mobylette à la GT125, put… ça pousse ! Mais à l’inverse, d’une machine de 100 cv à 15cv bien pointus, bof, bof…

Mais comme c’était ma première moto, alors l’affectif prend le dessus.

Restauration d’une moto Suzuki GT380

Par l’intermédiaire de mon beau-frère, je fais la connaissance de Jacques Massé qui me baratine sur les GT, le club, le forum. Je me dis qu’un peu plus puissant, cela devrait être mieux. La GT 750, pas question pour moi, trop complexe, trop chère. Je lorgne sur un GT 380, une annonce sur le site de Jacques, un 380 noir dans notre région. La moto est belle et relativement abordable.

SUZUKI-GT-380-002

Un jeu de pistons, segments neufs (ça, ce n’était pas prévu).Là déjà, c’est beaucoup mieux : légère, maniable, elle est prête pour le Treffen à Vézac. Pas de souci majeur, elle fume un peu, mais c’est un deux temps.

suzuki27

Restauration d’une moto Suzuki GT750

Jacques revient à la charge : un GT 750, c’est très bien, et bla bla bla.Un GT 550, je me dis trop proche du 380, trop semblable. Le virus est là ! La folie GT est en marche.Cette fois-ci, grâce à Suzuk76, j’ai un contact avec une personne qui importe des motos Suzuki principalement des USA.
Le contact est pris, beaucoup de T 500, mais il me dit qu’il va rentrer une GT 750.
Jacques m’accompagne pour aller voir la bouillotte car je ne les connais pas trop, mais la lecture du forum m’a permis de mieux les cerner.
La moto est complète et tourne. Jacques me confirme que pour le prix, il ne faut pas hésiter.
C’est un modele M(1975) avec 17000 miles.Il y a du taf autour mais je le savais.
Complète, pas une pièce absente, mais toujours des surprises quand même : des pièces que tu pensais garder mais en fait qu’il faudra changer ou rechromer.
La voici, les photos ont ete prises chez le vendeur :

La saga continue : démontage, remontage.

Mais des problèmes de fuites d’essence et de carburateurs retardent l’échéance. Elle ne sera pas prête pour le Treffen à St Nectaire. Pas assez de roulage, je ne prends pas de risques le 380 fera de nouveau l’affaire. Je ne regrette rien, car vu les petites routes empreintées, elle s’en sort à merveille. Je m’égare un peu et je me tourne vers la Honda CB750 Four. On ne peut pas être parfait non plus. Je ne peux pas m’arrêter là.

Restauration d’une moto Suzuki GT550j

La série complète des trois cylindres Suzuki serait pas mal dans le garage. J’essaie le 550 d’Harry, pas mal du tout le 550. Plus pêchu que le 380 et plus léger que le 750. Mon vendeur préféré (GT750 et CB750) passe nous voir au salon Automoto de Rouen lorsque le STCF (suzuki triple club de France) expose en septembre 2012. Il est content, il revoit ses motos restaurées. Il me dit qu’il a rentré un 550 de 72, mais qu’il roule avec car pour l’instant, il n’a pas profité de ses motos. Comme je n’ai plus de place dans mon garage, je vais devoir en revendre une et tout naturellement c’est le GT 125 qui est sacrifié. Je tanne un peu mon vendeur pendant quelques mois et l’affaire est conclue : moto complète (entièrement d’origine) et roulante. Pour celle-ci, pas de précipitation, il est trop tard, elle ne sera pas prête pour les beaux jours. Donc, petite révision (freins, câbles, carbus, jantes et rayons) pour rouler au printemps et l’été. Voici le début de la restauration du 550J, enfin on y arrive !

J’aime bien les machines strictement conformes à l’origine. Donc en 1972, les 380 et 550 avaient les carters moteurs non pas gris verni mais bronze verni.Je me lance donc à la recherche de carters bronze : mission impossible, même les carters neufs quand on en trouve ont subi les méfaits du temps et du stockage. Un éclat par-ci, une rayure par-là. La décision sera prise avec mon peintre il me dit pouvoir faire le vernis teinté. Je luis fais confiance car il n’a pas deux mains gauches.

Début du démontage pour la remise en route

Vidange de l’huile de fourche et remplacement des spis. Vu la mayonnaise récupérée, je décide de tout démonter pour un nettoyage en profondeur de l’intérieur des fourreaux le polissage de ceux-ci n’en sera que plus facile. Les tubes sont bons, piqués dans le haut bien sûr (sous les supports de phare).
Pas de mauvaise surprise pour la fourche donc. Les amortisseurs arrières sont aussi un peu piqués à l’intérieur des ressorts, je ne peux pas les laisser ainsi. Démontage complet également. Plus propres, mais le résultat ne me plaît pas encore : une solution viendra plus tard. Pendant ce temps d’immobilisation, des pièces sont parties au chromage. Ce n’est pas une priorité pour la remise en route, mais cela sera en moins à faire par la suite. Passons au filtre à air et aux carburateurs : les carbus sont propres (rien à voir avec ceux du CB four). Je remplace quand même tous les joints, gicleurs, pointeaux, etc. Grâce au tutoriel de Fly sur le rayonnage, je me lance ! Je n’ai pas tout réussi du premier coup mais après plusieurs essais, la jante retrouve sa forme initiale. Restera à régler le déport, le voile et le saut. Une paire de pneus neufs et les trains roulants sont terminés.

L’intérieur du réservoir est propre : démontage du robinet et remplacement des joints. Fly me fait la modification pour avoir une position fermeture sur celui-ci car j’ai assez galéré avec le robinet et les pointeaux sur le 750 (essence dans le cylindre gauche principalement). Un œil sur les pistons par les sorties d’échappement : ce n’est pas terrible. Pour l’instant, on fera avec. Je vous rappelle que c’est juste la remise en roue et pas la restauration de la moto. Remontage, huile (n’est-ce-pas HH2, l’huile c’est important). Démarrage facile, ça ne tourne pas trop mal : réglage de la synchro des carbus ça roule et c’est agréable. Je vais rouler ainsi tout l’été. De mes trois GT, c’est le 550 qui fonctionne le mieux : pas de fumée, démarrage facile pas de trous à l’accélération, pas de souci, c’est tout bon. Début Octobre, le mauvais temps arrivant, je me décide à démarrer la restauration complète. Une semi-restauration a été effectuée. Après avoir roulé un certain temps avec la GT 550, Jérôme a de nouveau effectué un démontage intégral de la moto pour réaliser sa restauration.

Démontage complet pour la restauration

Remplacement des bagues du bras oscillant, graissage de l’axe la moto est à nouveau sur ses roues. La carrosserie est revenue aussi de peinture : beau travail mais deux petits défauts, donc repartie chez le peintre.

J’ai aussi ouvert le haut moteur pour voir de plus près les pistons, jeux, cages à aiguilles, etc. Métrologie : résultat, le jeu piston/cylindre est hors côte. Les cylindres sont dans les tolérances et en bon état, donc pas de réalésage à prévoir, juste les pistons et les segments à remplacer. Bonne nouvelle, comme je suis toujours en côte standard, ca me laisse de la marge au cas où. Recherche de pistons en côte standard. Chez Suzuki, je pleure, c’est hors de prix. Donc je recherche sur le net : j’en trouve beaucoup en +0,5 ou + 1mm, mais pas en standard. J’en loupe un jeu sur le forum aux enchères (pour ne pas le citer) en étant trop peu généreux. Peu de temps après, je trouve mon bonheur : trois pistons neufs mais il faudra les faire venir des USA.

Chaque soir, un petit morceau est remonté. Dans un premier temps, remontage béquilles, bras oscillant arrière et roue arrière, la moto tient seule. Remise en place de l’ensemble de la fourche avant qui était prête depuis le première restauration. Ça prend forme, mais il y a encore du boulot.

Restauration de motos SUZUKI GT

Quel bonheur de remonter de la visserie propre, des pièces toutes nettoyées ou fraîchement repeintes.
Le moment de la restauration le plus agréable. On voit sa moto qui reprend forme, qui brille… On est content et on boit une mousse. Ensuite, repose de la partie électrique. Le faisceau électrique a été nettoyé à la brosse à dent sur les fils, connecteurs, gaines. Mise en place des bobines, de la platine électrique, raccordement du faisceau. Cette fois-ci, pas d’erreur dans les connecteurs au niveau de la platine.

Restauration de motos SUZUKI GT

La moto est prête à recevoir le moteur. Mais avant, j’ai décidé de refaire le haut moteur.
Après pas mal de recherches, j’ai trouvé mon bonheur. Des pistons en cote standard à prix raisonnable. Fermeture du haut moteur, les pistons montent et descendent bien. Fermeture des carters d’embrayage et rotor avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas exploser le vernis bronze.

Restauration de motos SUZUKI GT

Restauration de motos SUZUKI GT

Restauration de motos SUZUKI GT

Restauration de motos SUZUKI GT

Restauration de motos SUZUKI GT

Restauration de motos SUZUKI GT

Essai kick et sélecteur (première, point mort). Je ne me rappelle plus si j’ai passé toutes les vitesses ? Cela aura son importance un peu plus tard. Avec de la main d’oeuvre à pas cher, on renquille le moteur un soir. Là, on a la banane. On approche de la fin, l’ensemble des câbles, plus les diverses petites bricoles sont remontées. La moto est presque terminée mais il me manque des pièces du chromage plus long que prévu. Après un rendez vous avec JP03 sur Versailles pour récupérer deux échappements re-chromés, je peux enfin finir la moto. Je suis assez satisfait du résultat. C’est la quatrième GT, donc on s’améliore ! Huile, essence, quelques coups de kick, contact, START. Le moteur tourne rond. Sur la béquille, j’essaye de passer tous les rapports et là, surprise !!!.Je n’ai que la 1ère et le point mort, après ça bloque. Le sélecteur ne veut pas enclencher les autres rapports. On jette un oeil, puis deux, mais rien n’y fait. Je vais devoir rouvrir le coté droit. Sachant que je n’ai pas ouvert le bas moteur, donc pas touché aux pignons de boite, ça ne doit pas être bien grave. Mais il faut redémonter pas mal de choses (pots, repose pied, kick, visserie du carter droit que j’avais serrée prudemment pour ne pas faire sauter le vernis). Verdict: mauvais positionnement du linguet de verrouillage. Je pense que lors des diverses manipulations sur le moteur lors de la pose des carters ou pendant la mise en place du moteur, la tige de commande de la boite où se fixe le sélecteur a du reculer car le carter gauche n’était pas monté pour ne pas l’abîmer et faire moins de poids. Tout rentre dans l’ordre. Un petit essai sur route s’impose pour vérifier le bon fonctionnement du sélecteur. Il me manque deux boulons de fixation des tiges percées du frein 4 cames avant. Pour ne pas abîmer les fourreaux de fourche polis avec un boulon et un écrou, je mets en place juste une tige traversant le fourreau et pas trop enfoncée pour ne pas taper dans les rayons. C’est juste pour faire le tour du pâté de maisons. Tout en roulant et passant tous les rapports, je surveille tout le temps ces fameuses tiges car je me rend compte que ce n’est pas trop prudent  retour au point de départ : tout fonctionne. A ce jour la GT 550 J est terminée. Elle sera certainement du voyage pour le prochain Treffen.

Jérôme

Après avoir  bouclé cet article avec son support, j’ai tenu à poser quelques questions à Jérôme :

1) Qu’est-ce qui fait que du jour au lendemain, on se met à restaurer des motos anciennes ? Et plus particulièrement des suzuki GT ?

Famille de motard : mon père dans sa jeunesse, ma sœur, mon beauf. Un bon copain a commencé avant moi. J’ai vu ce qu’il pouvait faire avec des machines des années 80 (un peu plus récente que les miennes). Mon beauf travaille chez bmw moto, court en moto ancienne bmw.
Donc je baigne dans la moto. Ma première moto à 16 ans fut une suzuki GT 125. Alors au départ, autant commencer par ma première moto. Mon beauf me fait rencontrer un gars avec une GT 750. Il me vante les bienfaits des GT 750 ,me parle du club suzuki GT: ” Une GT 125 c’est bien, mais faut voir plus qu’il me dit (380,550,750????).” Une,puis deux,puis trois pour avoir la série complète des 3 cylindres GT. Un club suzuki au top.

2) On a du mal à imaginer comme cela le nombre d’heures d’investissement pour rendre le lustre d’antan à ces “anciennes” quel est le but final ?

Perso, je ne roule pas beaucoup avec. Déjà,  je travaille encore, j’ai une fille encore assez jeune, une maison,etc… Pas trop l’occasion d’être seul ou à deux les week-ends. Etant souvent trois,  quand je sors, je ne prends pas une moto et une voiture.Le temps n’est pas toujours au beau fixe en Normandie. C’est d’abord le plaisir de la refaire entièrement (même si parfois tu passes par des moments un peu galère). En premier lieu, il faut trouver ce qu’on cherche (bon état apparent, pièces manquantes), effectuer la recherche de pièces, puis le remontage. Le but final pour moi est plus d’avoir ces belles motos dans mon garage, raconter leur histoire que de rouler avec.

3) Si tu avais un ou plusieurs conseils à donner à des passionnés qui ont une “antiquité” qui traîne dans leur garage (ce n’est qu’un exemple) et qui souhaitent la restaurer, quels seraient-ils?

a) Savoir si on est bon bricoleur ou pas. Certains ne sont pas du tout manuels ou n’ont aucune connaissance en mécanique. Il est risqué de commencer pour finir par abandonner, ne pas bien avoir su estimer la grandeur du chantier.
b) Savoir si la moto dans sa grange a une valeur ou pas en moto de collection. Ce n’est pas la peine d’investir des milliers d’euros dans une machine qui ne vaudra presque rien une fois finie (sauf souvenir personnel).
c) Essayer de bien estimer le coût final (même si tu le dépasses toujours et parfois fortement).
d) Prendre son temps.La restauration n’est pas une course de vitesse. Ne pas se précipiter quand tu vois une pièce qui t’intéresse (sauf pièce introuvable). Comparer les tarifs en neuf ou occasion.
e) Connaître tout un réseau de restaurateurs, peintres, soudeurs, polisseurs,etc…
f) Commencer par quelque chose de simple  une 125 par exemple,un trial…

Conclusion: ne pas être seul dans son coin  on a toujours besoin d’un conseil, d’un outillage spécifique que tu ne vas pas acheter pour t’en servir une seul fois, de l’aide d’un spécialiste pour te faire quelque chose de bien particulier.

4) Et maintenant, est-ce que l’envie s’est calmée, ou on discute entre “restaurateurs” lors d’expositions consacrées aux motos anciennes ?

L’envie non, on en veut toujours plus (dans mon cas perso). C’est la place qui me retient. Six motos, je ne peux plus en caser une. Et après, c’est dur de faire rouler tout cela. Perso, je me suis investi sur les Suzuki GT. Je pense les connaître pas mal maintenant. Savoir si la moto est conforme a son année, si elle n’est pas maquillée avec d’autres pièces d’une autre année. Aider les copains a trouver les pièces, les références des pièces. Voilà ce que je fais maintenant sur le forum suzuki. Bien sûr que l’on discute Gt entre passionnés. Le top du top, la concentre annuelle GT. Tu en prends plein les yeux (et le nez).

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Mis à jour le 21/10/2017