Le Magazine des passionnés de Voitures et de Motos
Le Magazine des passionnés de Voitures et de Motos

Écraser les vieilles autos n’est plus la norme

Vous avez sans aucun doute le souvenir, dans les films datant de 10 ou 20 ans, d’une scène avec une voiture qui se fait soulever par un puissant aimant afin d’aller se faire écraser par un compresseur et envoyer au vieux fer. Ayant circulé comme jamais dans les séries animées et les comédies hollywoodiennes, ce cliché a toutefois colporté une fausse croyance chez le consommateur : une voiture qui rend l’âme n’est pas automatiquement « bonne à être jetée »! Dans les faits, dans une société qui commence à ramper en direction d’un mode de pensée écologique, se débarrasser de pièces d’auto usagées en excellent état apparaît tout simplement comme un sacrilège.

Aujourd’hui, étudions un peu plus en détails comment évolue l’industrie du recyclage d’automobiles au Canada. Plus concrètement, nous regarderons comment le gouvernement agit pour influencer l’attitude des consommateurs et comment les entreprises profitent de la manne des pièces d’auto qu’on peut ainsi récupérer.

Écraser les vieilles autos n’est plus la norme

La lutte aux vieilles voitures

Le gouvernement québécois n’aime pas voir des véhicules trop anciens rouler sur nos routes québécoises : saviez-vous que les voitures qui ont été produites en 1997 produisent environ 20 fois plus d’émissions polluantes que les modèles sortis des usines en 2010? C’est une statistique troublante qui nuit fortement au bilan environnemental de la province, sachant que les émissions de CO2 liées au parc automobile sont généralement équivalentes 12% et plus de la pollution atmosphérique à travers le monde.

C’est le programme  « Faites de l’air! » qui a été mis en place en 2011 pour continuer l’initiative précédente du gouvernement fédéral, quant à elle nommée « Adieu Bazou ». Entre 2011 et 2013, 10 millions de dollars étaient ainsi dépensés afin de récompenser les Québécois qui prenaient la décision d’envoyer au recyclage une voiture vieille de 15 ans. Le programme a été mis en pause en 2013 à cause d’une trop grande demande et il est actuellement en cours de réévaluation.

Parmi les récompenses qui existent, le « package » de base incluant une carte de membre de l’AQLPA, un reçu d’impôt, un rabais optionnel pour Communauto et d’un abonnement gratuit d’un an sur Allo Stop. Ils avaient également une récompense additionnelle qui pouvait être 12 mois de transport en commun gratuit (Bixi + métro + autobus + communauto), une remise allant jusqu’à 1500$ sur une voiture plus écologique, un crédit sur le transport collectif ou un rabais à l’achat d’un vélo. Une vraie tombola, quoi!

Il faut noter que le gouvernement et L’AQLPA ne sont pas les seuls organismes à pouvoir récolter les vieilles voitures. D’autres entreprises vont simplement vous offrir un montant d’argent pour repartir avec!

Vieilles autos

Que fait-on avec les vieilles voitures?

Nous mentionnions tout à l’heure qu’envoyer les vieilles carcasses de voitures à la poubelle avec leurs précieuses pièces n’était pas une très bonne idée. Que fait-on avec votre Ford Fiesta 1993, dans ce cas, une fois que celle-ci a été récoltée?

D’abord, le client aura fait au préalable un inventaire des pièces de la voiture, plus précisément s’il en manque certaines. Cela inclut le moteur, la transmission, les roues ainsi que les pneus, le catalyseur, la batterie de l’auto ainsi que son radiateur. Comme ce sont toutes des pièces qui peuvent avoir une certaine valeur sur le marché de la revente, vous obtiendrez un meilleur prix si vous les avez encore et qu’elles sont d’origine.

L’entreprise va vous donner un prix et si vous acceptez l’offre, elle se charge de le collecter à l’aide d’un camion de remorquage. Le véhicule est ensuite acheminé au centre de recyclage attitré, que certains appelleront affectueusement une « cour à scrap ».

Les normes environnementales sont très sérieuses en ce qui touche la façon dont on recycle une voiture. Cette dernière contient une quantité impressionnante de produits toxiques et polluants qui doivent absolument être disposés d’une façon particulière. Imaginez que votre huile se retrouve dans un cours d’eau ou dans les nappes phréatiques : ce serait catastrophique à grande échelle. On va donc extraire ces déchets et en disposer adéquatement, on va aussi retirer toutes les pièces (sacs gonflables, panneaux de contrôle, pneus, jantes, portes… vous seriez impressionnés de ce qui peut être récupéré!) intéressantes et le reste sera broyé ou démoli par une personne agréée.

Sont-elles dignes de confiance?

Plusieurs propriétaires d’automobiles se rendent au garage chaque heure afin de faire remplacer une pièce défectueuse ou carrément brisée. Ils veulent avoir la paix d’esprit, c’est-à-dire passer autant de temps que possible loin de ce sacré garage d’ici à leur prochaine visite. De ce fait, ils seront amenés d’office à regarder du côté des pièces neuves, qui auront une durée de vie garantie. Cependant, faut-il exclure d’office les pièces d’auto usagées lorsqu’on passe au garage?

Pièces usagées

La réponse est non, si on se fie à l’Association des recycleurs de pièces d’autos et de camions du Québec. Bien entendu, il fallait s’attendre à ce qu’ils soient en défaveur du gaspillage, mais leur président avance quelques arguments intéressants :

  • La pièce usagée est souvent achetée à proximité du garage, contrairement à la pièce neuve qui doit être expédiée en bateau ou en avion. Son empreinte écologique est nettement amoindrie.
  • Les pièces recyclées sont des pièces d’origine, c’est-à-dire qu’elles sont les mêmes que celles qui étaient utilisées par le manufacturier pour produire votre véhicule.
  • Les composantes ne sont pas extraites du véhicules et directement posées sur les tablettes pour être vendues : elles sont inspectées pour vérifier si elles sont encore assez durables pour être réutilisées. Bien qu’on ne puisse pas les garantir de la même façon, surtout si vous faites réparer un vieux véhicule à qui il ne reste que quelques années, le petit risque en vaut la chandelle.
  • Bien évidemment, les rabais sont substantiels : ils vont varier d’environ 30% à 60% selon la pièce d’auto.
  • Enfin, il est de plus en plus facile de trouver sur le web ou avec votre garage la pièce d’occasion dont vous avez besoin. Plusieurs recycleurs possèdent des systèmes informatisés qui permettent de suivre l’ensemble de leur inventaire de pièces très rapidement et de passer des commandes à d’autres fournisseurs si jamais ils ont des besoins.

Chaque année, des milliers de tonnes de pièces encore utilisables prennent le chemin des sites d’enfouissement parce qu’elles n’ont pas pu trouver un deuxième propriétaire. C’est un désastre environnemental et un signe troublant de la surconsommation de notre société.

Conclusion

En conclusion, ne permettez pas à n’importe qui de disposer de votre voiture en échange d’un maigre chèque. Prenez plutôt le temps de vérifier la crédibilité de votre acheteur de façon à vous assurer que les pièces seront recyclées en bonne et due forme et que la chaîne de protection de notre nature (et de nos portefeuilles saura continuer).

Mis à jour le 20/10/2016